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Il avait tout pour plaire, un physique à la Marlon Brando et une intelligence rare avec une grande sensibilité pour les autres. C'était mon oncle paternel, le plus jeune de la fratrie.
Billy, Billy, j'entends encore cette voix quand il m'appelait pour m'emmener avec ses amis et il ne manquait pas de me valoriser et me faire plaisir. Il adorait me porter sur ses épaules et ses éclats de rire sont restés gravés dans ma mémoire.
Il aurait pu faire comme ses frères et travailler dans l'entreprise familiale sous la direction de mon grand père.
Il en a décidé autrement et a préféré s'instruire et préparer un diplôme d'ébéniste.
Très jeune, dada Omar avait déjà une conscience politique et la situation de son pays ne le laissait pas indifférent.
Un jour il est rentré dans la cour de la maison familiale par la porte du haut et est reparti par celle du bas après avoir embrassé tout le monde. J'avais à peine 5 à 6 ans mais j'avais compris qu'il allait rejoindre le maquis pour combattre contre l'occupant et libérer l'Algérie.
Il parait qu'il a revu ma mère un jour et a demandé des nouvelles de sa maman. Devant la non réponse de ma mère il lui a dit que sa mère était morte et qu'il avait vu avec des jumelles son enterrement.
Epris de justice il a donné sa vie pour un idéal alors que tout lui était promis car il est tombé au champ d'honneur et nous n'avons jamais retrouvé son corps pour lui offrir une sépulture.
S'il avait su ce qu'il est advenu de l'Algérie avec la mafia au pouvoir, peut-être aurait-il réfléchi avant de se lancer dans cette aventure qui n'a profité qu'à ces mercenaires qui n'ont pas combattu mais qui préparaient leur prise de pouvoir tandis que d'autres mourraient en combattant pour l'indépendance.
La guerre fut dure et il y a eu beaucoup de morts dans ces montagnes qui entourent notre village.
De Tamgout au Djurdjura, combien d'opérations furent menées avec bombardements, napalm...J'avais 11 ans à l'indépendance, mais cette tragédie a marqué mon enfance.
On assiste depuis à un détournement des valeurs de la révolution au seul profit d'opportunistes qui ont oublié le sacrifice de ceux qui sont morts. Il n'y a qu'à voir les fortunes accumulées à coup de pensions et autres passe-droit.
Mon grand père a eu parfaitement raison de refuser toute indemnisation pour la mort de son fils et mon père en a fait autant pour ses années de prison avec torture pour avoir aidé la révolution. Je suis très fier de cette noble attitude et qu'ils reposent en paix.
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